Journée Schème La perception en art-thérapie, Lyon, 28 novembre 2026

Interventions de la Journée de recherche Schème

La perception en art-thérapie

Samedi 28 novembre 2026

Le complexe du rire, salle Clémentine, 7, rue des capucins, 69001, LYON

Olivier Saint-Pierre

La perception de la matière en art-thérapie

Les matières ne sont pas que disponibles. Nous avons envers elles une multiplicité de perceptions

physiques, visuelles et psychiques. Une matière se doit d’avoir un niveau d’existence suffisant

pour engager le travail. Son existence est projetée dans l’instant de cette affirmation du patient,

« je la vois ». Comment engage-t-elle un point de fixation ou une étendue de travail ?

Art-thérapeute, directeur de Schème, Membre de la SFPE-AT, chercheur,Artiste (dessin, photographie, écriture)

Joël Clerget

Perception, réception, interception

Distinguer percevoir et sentir conduit à envisager un temps d’avant toute relation à un objet

défini. Sentir et se mouvoir, pas seulement percevoir, propulse la dimension de la représentation

en présence, sur un mode impliquant le corps. Winnicott distingue ce qui est subjectivement

conçu de ce qui objectivement perçu. Dans la perception, il s’agit de reconnaître l’objet comme

extérieur et non comme une projection. L’aire intermédiaire, entre la créativité primaire et la

perception basée sur le principe de réalité, est en continuité directe avec le jeu et la créativité.

La perception s’offre à nous dans un horizon de réceptivité dans lequel notre réception prend

le sens d’une interception. Nous attrapons au passage (intercipere) des fragments de réel.

La découpe du langage et des sens nous offre des morceaux du monde vécus et perçus. La

réceptivité, disposition à recevoir des impressions, inclut l’action de recevoir (une lettre par

exemple), ce qui est reçu (un message) et le fait de pouvoir le recevoir. Elle suppose une

activité interne, où le sentir se joint au se mouvoir, car la fonction de la motilité, dès le sein

maternel, est déterminante et organisatrice, y compris de l’activité sensorielle et perceptive.

Psychanalyste sensible à l’art et à la dimension du contact, j’enseigne à Lyon et j’écris. Praticien

en haptonomie pré et postnatale. Formateur. Animations de séminaires de lecture de textes

psychanalytiques : Freud, Lacan, Winnicott et Dolto et de Henri Maldiney. Je fais régulièrement des

Conférences.

Bernard Rigaud

Tant que l’homme est capable d’étonnement, l’art existe

Oui, la perception est centrale dans toutes les théories de la connaissance, scientifiques,

philosophiques ou artistiques. S’en suivent les notions de conscience d’une représentation ou

de conscience d’une signification. MAIS, avant la perception et le comprendre, il y a le sentir, le pathique. Dans le sentir, je suis le « là ». À la différence du percevoir, où il y a une intentionnalité, le sentir se situe au niveau de la pure phénoménalité, avant sa conversion et sa cristallisation en objectivités. Le percevoir n’est pas la vérité du sentir.

Docteur de l’EHESS, ancien dirigeant associatif de CSAPA de 2005 à 2023. Essayiste et peintre, auteur

de Henri Maldiney, la capacité d’exister et de Penser l’addiction, au risque du rien. Intervenant dans

des écoles d’art-thérapie et à l’Institut Catholique de Paris. Administrateur de la SFPEAT et de l’école

Française Dasein analyse. Président de l’Association Henri Maldiney et vice-Président du fonds de dotation

Entreprendre pour Aider.

Barbara Inizan

Faire avec le monde

Eline est coincée dans la maison prise dans la tornade, elle ne pensait pas “faire ça comme

image”. Elle avait une autre idée. Mais c’est ce qui arrive, à cause des couleurs du tissu. Alors

elle n’a plus le choix, il lui faut se cacher. Puis descendre profond, là où c’est bleu, où ça coule…

Cette année, j’ai accompagné Eline, 11 ans, pendant 6 mois chaque semaine, parce que “ça va

pas.” comme elle le disait en pleurant à l’intérieur, discrètement. Je dis “je l’ai accompagnée”,

je pourrais dire je l’ai suivi. Nous avons fait un voyage dans les images, là où elle avait à

aller et à grandir. A travers cette prise en charge, je tenterai de vous donner à voir comment

l’expérience vécue en séance a permis des changements sans toutefois qu’ils n’aient besoin

d’être nécessairement nommés.

Art-thérapeute, formatrice à Schème et Artiste/auteure. Intervention tant en milieu ordinaire (scolaire) qu’en institution médico-social pour des projets de médiation artistique. Accompagnement de personnes dans son atelier/caravane au cœur de la Saône et Loire.Spécialiste dans la prise en charge des violences sexuelles et intra-familiales.

Mathieu Delval

Le son comme intimité de corps à corps

Voltaire affirmait que « l’écriture est la peinture de la voix, plus elle est ressemblante meilleure

elle est ». Le son quant à lui est une affaire d’intimité de corps à corps. Pas d’intermédiaire, de

trace, de surface, que de la vibration. Quelques suivis de patients développeront cette question

où la matière sonore, d’abord bouchée, ou balbutiante, prend progressivement une forme et

permet d’ouvrir le psychisme à un espace de parole. Comment cela amène nécessairement le

professionnel à habiter son corps dans ses espaces les plus sensibles

Psychologue clinicien et Musicopsychothérapeute. Utilisation du jeu instrumental, de l’écriture dans l’articulation de la parole et l’exploration sensible du corps par la vibration dans le processus de reconstruction et de découverte de soi. Pratique du soin en tant que clown-musicien en pédopsychiatrie. Pratique musicale: instruments divers et variés, bricolés, désaccordés ou plus traditionnels, création de programmes sonores, écriture, slam

Sylvie Vidal

Le corps empêché et sa marionnette : perceptions du je(u) en dramathérapie

En dramathérapie, la fiction n’est pas une fin en soi : elle donne au corps le moyen de faire

surgir ce qu’il n’accomplit pas dans le réel. Chez une personne en situation de handicap mental

et en fauteuil, empêchée dans sa motricité, la marionnette déplace la question du corps : le

geste impossible se transporte sur un objet médiateur qui, lui, marche, saute, tombe et se

relève. Des mémoires ou des fantasmes de mobilité s’y jouent sans récit — non pas racontées

par le patient, mais directement rejouées dans le geste et l’insistance d’une même scène,

sans qu’il les relie à une histoire ou un souvenir explicite. Ce qui se donne à lire dans le jeu

engage aussi le corps du thérapeute lui-même, ses propres impulsions et sensations pendant la scène, posant la question d’un contre-transfert corporel. À partir d’une vignette clinique, cette

communication interroge ce qui, dans cette répétition du jeu, fait trace et éclaire la question

du sujet.

Comédienne improvisatrice, clown, dramathérapeute (formation à Schème Lyon). Depuis 2022, interventions en dramathérapie auprès de personnes en situation de handicap mental vivant en institution. Coordinatrice d’un projet de création théâtrale avec des comédiens et comédiennes présentant une déficience intellectuelle.

Inscription : contact@inter-buro.fr

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