Le frère en question, Rivalité, altérité, fraternité, Synopsy, Lyon, mercredi 2 février 2011, 19 H 30

Oh, commun fraternel
1er vers d’Antigone, Sophocle

Joël Clerget, lecteur, invite René Kaës à parler du frère, cet autre semblable représentant une part unique en notre monde interne, dans l’ambivalence de l’amour et de la haine, cet autre figurant ce qui serait à éliminer, mais dont la voix se fait entendre comme celle du sang répandu. En effet, dans la Genèse, Abel est dit frère de Caïn, et non l’inverse. René Kaës nous dira comment Le complexe fraternel, différent du complexe œdipien et du lien fraternel, situe le frère dont, comme être humain, nous prenons visage en s’articulant au lien fraternel, à l’imago fraternelle et à la fratrie, tout en s’en distinguant. Oscillant entre la composition d’une fratrie où se nouent les liens fraternels, les « imagos » comme structure du complexe et la notion de fraternité, comment entendre la portée du complexe fraternel en sa dynamique inconsciente et dans ses inscriptions collectives et culturelles. N’y a-t-il dans le Frère qu’une figure de l’intrus, du rival ou de qui est à éliminer, au sens où Frère se donne comme une relation constituante aux multiples facettes dont celles du double ou de la gémellité, de la différence des sexes et des générations, celle aussi du frère mort.
En effet, l’enjeu n’est pas seulement d’avoir un frère, mais d’être le frère d’un autre en humanité, dont la présence dépend de la suite des générations, de la relation parentale et de la filiation. Par exemple, que veut dire Freud quand il parle de l’alliance des frères ? N’être pas sans frère, au sens d’une structure valant également pour un enfant unique, donne place à la figure de qui est en nous le visage étrangement familier de l’autre, en même temps que la condition de notre naissance de sujet vivant avec un frère. Où est ton frère ? en est la question. La question du frère nous ouvre à une pensée du complexe, dans la dimension de l’actuel et du perpétuel et par la considération de l’autre mis en place de frère, dans la création comme dans les groupes et les institutions.
À cette occasion, dans un dialogue entre nous et avec les participants de ce Café conférence, nous pourrions revisiter quelques textes comme la Genèse, Antigone de Sophocle, Totem et tabou de Freud, ainsi que des contes et notre expérience clinique.

Café-conférence Synopsy

MERCREDI 2 février 2011 à 19h30

Au PÉRISCOPE – 13, rue Delandine – LYON 2ème

Nombre de places limité – Pré-inscription recommandée
Informations et bulletin d’inscription à télécharger sur le site www.synopsy.fr/