Krishnamurti, la révolution du silence, un film de Françoise Ferraton
Il y a dans ce film une constante, fidèle et subtile distillation de la parole de Krishnamurti que l’on entend vibrer et nous toucher à même les paysages et les visages déployés dans une correspondance intime. La réalisatrice met là toute son âme pour nous dire la vérité que l’on n’atteint pas, mais en laquelle nous faisons notre chemin. La souffrance y a sa place, ainsi que l’eau sous diverses formes : lenteur du fleuve, chutes incandescentes, averses et neiges. Et cette sagesse. Quand je suis conscient de mon inattention, je suis dans l’attention. À voir absolument si vous avez le goût d’une première fois en votre vie.
https://www.jupiter-films.com/film-krishnamurti-la-revolution-du-silence-141.php
Note de lecture de Laurence Salignat concernant l’ouvrage de Joël Clerget:Devenir soi avec d’autres. Éco-psychanalsye des interactions sociales, éditions érès 2023
Devenir soi avec d’autres. Éco-psychanalyse des interactions sociales
Joël Clerget, éditions érès, septembre 2023
Notre de lecture Laurence Salignat
De quelle part se saisit-on à la lecture d’un texte ? De quoi est-on tenu dans cette expérience à deux pôles, l’un écrivant, l’autre lisant ? A l’heure de l’Intelligence Artificielle et de ses offres d’écritures rapides, à l’heure du défi social et écologique, il semble encore stimulant de prendre le temps de lire une personne qui a pris celui d’écrire ! Stimulant et sans doute essentiel. Dans son Devenir soi avec d’autres, Joël Clerget, auteur et psychanalyste, propose une trame complexe où se tissent réflexions inspirées par une longue pratique clinique, entrelacements d’expériences personnelles, retours sur les lectures d’une vie. Le contenu en est inspirant, diffusant, et parfois, filant, échappant. Car, figurent bien dans cet ouvrage, tout à la fois, ce qui abrite, ce qui assied, ce qui est porté, ce qui se puise dans les profondeurs, ce qui renforce et ce qui ébrèche. Et par-delà les expériences, réflexions et connaissances relatées, est également exprimé ce qui, plus inconsciemment et mystérieusement, se dégage pour permettre à nos vies des renouveaux et des vibrations, chacun disposant de son propre milieu. Comment habitons-nous notre vie ? Et plus largement, notre terre ? Il y a ici possibilité d’affiner ses perceptions, de remonter ses filets de pêche et de trouver une liberté : celle de penser les relations, la multiplicité, les interactions.
Avec ce nouveau titre des éditions Érès, il est rappelé que notre vaste espace humain est animé d’innombrables faisceaux, canaux, liens, trajectoires, pulsions, qui n’ont rien à voir avec la binarité, la simplification, le rejet… Se construire avec d’autres induit une patience, demande une attention soutenue, invite à reconnaître l’altérité. Pour nous, lectrices, lecteurs, soucieux du devenir commun et de ce qui est à préserver dans l’environnement de nos relations sociales, une cohérence se fait jour. Elle va au rythme de la marche et non de la course. Les termes spécifiques employés et les enchaînements ardus sont assimilés. Grâce à l’éveil qui est suscité. Par l’intérêt particulièrement actuel des sujets abordés.
Vivantes trajectoires, comètes de la pensée, insondables rencontres, puissance des lieux et des liens… Pour voir scintiller les intuitions, percevoir les consolations, deviner les équilibres proposés, il nous faut sans doute abandonner cette exigence enseignée et validée de « lecture totale ». Une lecture où notre adhésion constante est le signe de notre immersion réussie et de notre effort, consenti puis récompensé. Renoncer ici à tout comprendre des paysages (d)écrits de l’auteur, c’est pouvoir accéder à des savoirs visibles-puis invisibles, pointés et aussitôt éparpillés… Notre curiosité et nos tâtonnements sont à l’œuvre. Expérience de lecture proche de celle de l’observation des étoiles par nuit d’été. Abandonner les apprentissages et les certitudes, se départir des convenances, oublier quelques instants nos projets, pour s’attarder sur les pépites que sont les traits d’union avec nos semblables, nos matrices, nos assises, nos ancêtres, nos êtres chers et nos disparus, ou encore ce que l’art insuffle au cœur de nos vies.
Dans cette constellation, Joël Clerget installe une rythmique. Son écriture fait part de tensions et de détentes, propres à toute musique. Lorsqu’il explore avec nous l’Habitation, de la toute première, avant notre naissance, à la dernière demeure, il nous donne d’abord à entendre ce tendu. « Notre habitation est un tissage perpétuel de relations plus ou moins conflictuelles », note-t-il. Plus loin, dans ce même chapitre intitulé Lieux et liens, signe d’un apaisement, il cite le poète Jaccottet : « L’homme a besoin de cette demeure étroite, à condition qu’elle soit perméable à l’étendue ».
Stabilité et fugacité, solidité et fragilité : le psychanalyste fait émerger au fil des pages et des chapitres, ces contrastes inhérents à notre condition humaine. La notion de place : endroit pour, lieu où, est un fil rouge du livre. Ainsi, ce crucial : Où te poses-tu ? qui surgit parmi la poétique de l’adresse, les ambiguïtés du lieu, l’assise du corps. L’auteur nous invite à déambuler au cœur de cette puissante expression : lieu d’être.
Dans un autre chapitre, page 168, Le lieu où nous vivons, il articule ses pensées autour de Winnicott qu’il cite à plusieurs reprises, et ouvre des horizons pour échapper au déterminisme du réel… « Vivre créativement est toujours plus important que faire ». Au moment de la refonte de notre mode de penser et des assauts multiformes, ces mentions ne manquent pas de nous alimenter, et de nous rafraîchir… « Par l’acte créatif, l’être humain ne se dissout pas dans les terreurs, horreurs et effrois, car l’art est une expérience de la création » … « qui transforme l’effroi en souffrance vivable », redit Clerget.
Dans cet ouvrage, des compagnons substantiels, répondent aux sollicitations de l’auteur et font l’objet d’une gratitude pudique : Henri Maldiney, très présent, tout comme le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott. Mais aussi : Fernando Pessoa, Carlo Rovelli, physicien théoricien, François Cheng, Emmanuel Levinas, Michèle Montrelay, Pascal Quignard… Et aussi, des scientifiques, des anthropologues, le frère et la grand-mère de Joël Clerget. Météorites heureuses, pour évoquer en compagnie, la portance de l’eau, le souffle, la confiance, la rencontre, les territoires, l’enveloppe, le sein, les lieux du vide, les séparations, les visages…
Ainsi, Joël Clerget en son milieu, par son écriture, nous fait-il part d’une complexité inévitable, d’une altérité nécessaire, d’une chaleur essentielle, pour mieux appréhender notre place en ce monde changeant… Ne s’agit-il pas de modifier nous-mêmes cette place, afin de la maintenir vivante et soutenable ? Quant à la nostalgie de la maturité qui aurait pu s’immiscer dans ce panorama, elle affleure rarement, car il semble trop tôt, ou trop tard, pour que l’auteur y succombe… L’amertume ne s’invite pas non plus. En jardinier, l’auteur prend le temps de détailler, de nouer, de semer, avec labeur, avec volonté de transmettre.
« Quel trajet accomplissons-nous ? (…) « Notre vie sur terre est trajet ». Joël Clerget ne cesse d’interroger les points de départ, les caps et les mouvements. Il indique des réajustements possibles. Face aux récits inquiétants qui prennent place dans notre espace commun, aux recroquevillements, il imagine un ressaisissement, par notre élan vital, revenant à l’élément primordial de notre architecture : « Car, nageant, jouant dans l’eau, nous ne cessons pas d’avoir à respirer, à prendre et à reprendre souffle », écrit-il, page 32, dans le magnifique chapitre Première demeure.
Laurence Salignat
Rédactrice spécialisée culture et portraits.
Site : www.laurence-salignat.fr
Devenir soi avec d’autres, L’actualité de la psychanalyse, érès, septembre 2023
7 septembre 2023
14×20.5 300 p. 28 €
Programme Choeur Spirito 2022-23
Chers Amis,
Vous pouvez consulter le programme de Spirito, Centre national d’art vocal, saison 2022-23, pour lequel j’ai écrit cinq textes consacrés à l’œuvre de cinq compositeurs : Thierry De Mey, Pascal Dusapin, Javier Torres Maldonado, Robert Pascal et Bertrand Plé.
J’espère que la lecture de cette présentation vous donnera le goût d’assister aux concerts de Spirito dont le travail, la rigueur et la sensibilité sont largement reconnus et estimés.
Contact Spirito :
Tél. : 04 72 98 25 30
Mail : infos@spirito.com
Site : https://www.spirito.co
Parution Donald Winnicott aujourd’hui, Revue Spirale N° 98, érès, septembre 2021
Parution du Numéro 98 de la Revue Spirale,
Donald Winnicott aujourd’hui, éditions érès, septembre 2021,
coordonné par Joël Clerget
Numéro 98 - Revue trimestrielle
30 septembre 2021, 15 €
Portance et existence. Situation de l’« envelopper » dans l’œuvre d’Henri Maldiney
Portance et existence
Situation de l’« envelopper » dans l’œuvre
d’Henri Maldiney
Joël Clerget
“Séparé de ce premier contenant qui l’enveloppait il peut, enfin dévoilé, se développer, en sortant du velum, du voile.” Bernard This, Naître… et sourire
“Je cherche seulement à donner un corps de présence à ceux qui se baladent dans l’informe.” Patrick Laupin, La Blanche Autarcie des douleurs
1. Déploiement de l’enveloppe
Maldiney ne conçoit le cercle de l’enveloppement que sous l’égide d’une ouverture. Ce qui enveloppe notre vie d’homme est en effet porté par l’altérité qui fonde et entretient toute ipséité. Telle en est l’essor et l’affirmation. Cette phénoménologie à l’impossible nous met en demeure d’être, par une ouverture à l’originaire dont la transpassibilité est le terme (Bouderlique). La portance de l’expérience, celle de notre venue au jour d’un monde imprédictible, nous engage à l’inattendu, dans la puissance éprouvée d’un pouvoir être inédit. La portance, telle que je la parle, comprend la possibilité de recevoir l’impossible à concevoir dont est faite la vie, au cœur même de la conception d’un nouvel être. De cette passibilité, nous prenons le courage et l’ose, le risque et le désir, l’avènement et l’événement.
L’œuvre, conçue comme une forme de présence à l’altérité rayonnante, en signe tout à la fois l’acte et la fécondité. La rencontre porte fruit. La conception, dans la génération et dans la filiation, donne vie à une œuvre bien singulière, puisque, pour le dire avec Françoise Dolto, elle aura son mot à dire sur sa venue au monde1. Interrogeant de ses pourquoi les incessants ressorts du comment. Ainsi, l’enfant croissant au sein de la gravidique portance participe d’un espace en mouvement. Car cette portance enveloppe l’intime dont une grossesse est le vivant témoignage. Signifiant de la parole incontestable – le testari sous-jacent comprenant le testis du témoignage et les testes de l’engendrement –, tel est un enfant attendu. Cette singulière intimité fait un être résider de corps entier dans le corps d’une femme. L’inassimilable de ce réel-là est à l’origine de maintes pathologies : avoir été porté, et pas seulement supporté.
…..
À suivre dans
Comprendre la psychose avec Henri Maldiney. L’anthropologie philosophique et ses implications dans la pratique psychiatrique. Sous la direction de Yannick Courtel, Millon, Collection Krisis, 2021, 24 €
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1. Françoise Dolto, Sexualité féminine, Gallimard, 1996, note 20, p. 317.
Crainte de l’effondrement, passage par l’informe. Un rien à dire. Winnicott, Dijon, 3 octobre 2015
Samedi 3 octobre 2015
Journée d’étude D W Winnicott : Jouer, s’humaniser
Crainte de l’effondrement, passage par l’informe. Un rien à dire
Le texte est sur le site de
International Winnicott Association France, www.iwafrance.org
Taper : Retranscriptions dans Ressources
Bébé et son corps, Revue Spirale, N° 74, septembre 2015
La grande aventure de Monsieur bébé
n° 74 - Septembre 2015
Édito
Patrick Ben Soussan
Bébé et son corps
Bébé de son corps - Joël Clerget
Le corps entier de mon bébé - Joël Clerget
1 Naissance
L’espace, notre seconde peau - Emmanuelle Colboc
Babylaune, un lieu pour les bébés et leur corps - Laurie Benoit
Bébé est né, il faut l’habiller - Marie-Pierre Clerget
L’expérience d’une grossesse. Corps de mère, corps d’enfant -
Aude Derrier Sanlaville
2 Accueil dans la petite enfance
Chut ! Bébé dort… en corps ! - Anna Pinelli
Le corps du bébé dans l’histoire - Marie-France Morel
La puissance fragile du corps : naissance et vulnérabilité - Jean-Philipppe Pierron
Donner du corps lorsque bébé n’est plus là - Élisabeth Martineau.
Le rapport au corps de l’enfant (témoignage) - Maximilien Derrier.
3 Psychologie
Le corps du bébé, qu’a-t-il à dire ? - Florence Peyrefitte
« Toucher » au langage du corps - Jacky Israël †
L’observation du lien entre un bébé et une auxiliaire de puériculture lors d’un soin : une écoute de la subjectivité du bébé - Marie-Madeleine Simon
Se sentir entouré - Sylvie Mugnier
Mon petit bouchon (témoignage) - Marie-Claude Giroud-Panier
4 Société & culture
Ce que la publicité presse-magazine nous signifie de bébé - Yves Mermilliod
Du massage viennent les mots - Florence Griffay Mouterde
Une ostéopathe dans sa pratique avec les bébés : une rencontre au service du mouvement
- Bénédicte Parmentier
À la découverte de sa corporalité animée - Maurice Xambeu
Poèmes - Noëlle Nugier
Hors dossier
Le compagnon thérapeutique en crèche : un soutien individualisé pour un enfant, un relais pour une équipe
Sylvie Guicher
Les rubriques
Neuf mois et moi - Michel Briex
Bébés d’ici, parents d’ailleurs - Claire Mestre
Les écrits de Lóczy - Miriam Rasse.
Des livres et des bébés - Dominique Ratea
Au pays des jouets de bébé - Jean-Robert Appell
Du côté de chez nounou - Patricia Denat.
Bébé va au spectacle - Graziella Végis
Paroles de parents - Régine Prieur
Prix : 15 €
Commande : chez votre libraire ou aux éditions érès :
Joël Clerget sur you tube
Corps, image et contact. Une présence à l’intime
YouTube
Vidéo pour “joel clerget youtube”▶ 3:58
www.youtube.com/watch?v=t07fMMqf5mk
Comment un petit garçon devient-il un papa?
YouTube
Vidéo pour “joel clerget youtube”▶ 3:59
www.youtube.com/watch?v=AUNnWIX2dzs
Entretien entre Joël Jouanneau et Joël Clerget
A propos de Tête haute
YouTube
Vidéo pour “joel clerget youtube”▶ 1:13:16
www.youtube.com/watch?v=EBTKj685P68
Réédition Comment un petit garçon devient-il un papa ?, érès, février 2015
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Discutant certains acquis concernant l’abord du père, ce livre est centré sur l’expérience d’un homme devenant papa, depuis tout petit, dès la grossesse, jusqu’au jour où son enfant l’appelle lui-même papa. L’ouvrage distingue, en les articulant, la fonction et la place d’un papa, celles d’un père et la référence paternelle en tant qu’instance symbolique. Il réfléchit aux conditions actuelles de la parentalité, abordant ainsi l’homoparentalité. Cette élaboration s’intéresse à ce qui du corps d’un garçon organise son entrée dans la paternité et notamment son sexe sur le plan du réel, de l’imaginaire et des paroles. |
1001 et + / Collection dirigée par Patrick Ben Soussan.